Ainsi commença ce pèlerinage qui allait avoir à travers l'Europe entière une extraordinaire renommée. On se demande  encore à juste titre ce qui pouvait pousser tant de gens à se mettre en marche. Les pèlerins partaient à coup sûr pour vénérer les reliques de l'apôtre Jacques mais aussi pour rencontrer d'autres pèlerins venus d'ailleurs et porteurs de nouvelles connaissances. Certains venaient avec l'intention d'aider à pousser un peu plus vers le Sud les Arabes qui occupaient alors l'Espagne, mais d'autres étaient attirés par ce même monde arabe, porteur d'une admirable civilisation sur le plan scientifique et dans le domaine des arts.

Les Templiers et l'Ordre de Cluny avec qui les Templiers étaient étroitement associés, furent à l'origine d'une savante organisation du pèlerinage. Il quadrillèrent l'Europe de chemins protégés  et fondèrent partout des lieux d'hébergement appelés hospitaux ou maison-Dieu (sous la forme de Villedieu, Villedè, Villeder). Ces lieux n'étaient ni plus ni moins que des auberges où l'on  pourvoyait au gîte et au couvert dans une ambiance d'accueil fraternel.

Nous avons une connaissance relativement précise des chemins de Saint Jacques qui descendaient du Nord de la Bretagne. Ils portaient le nom de chemin des Anglais car les pèlerins d'Angleterre débarquant sur la côte Nord les empruntaient pour descendre vers le Sud. L'un d'eux partait de Saint Brieuc, passait par Quessoy où les Hospitaliers géraient un lieu d'accueil, continuait par Moncontour, Plémet et Josselin. Un autre chemin est signalé à partir de l'abbaye de Beauport en Paimpol où l'église abbatiale était dédiée à Notre Dame du Bon Voyage. A partir de Beauport, les pèlerins gagnaient Chatelaudren, Cohiniac, Quintin, Merléac, Le Quillio, Saint Caradec ,Hémonstoir, Saint Gonnery, Rohan et Josselin. Un troisième chemin venant du Nord Finistère passait à côté de Pontivy en plein centre de la Bretagne et rejoignait comme les deux premiers la ville de Josselin.
Josselin était donc le point de jonction de plusieurs chemins. Arrivés là, les pèlerins s'arrêtaient pour honorer Notre Dame du Roncier et éventuellement participer à une procession en  son honneur, ainsi que l'écrit en 1666 le Carme Irénée de Jésus: « Une bande nombreuse de pèlerins de Saint Jacques relevait encore l'éclat de la procession qui s'avançait majestueusement au concert des tambours, des trompettes, des violons et des bombardes. » La fête finie, et leur dévotion achevée, les pèlerins reprenaient la direction du Sud et l'un des chemins possibles était de passer par Saint Gobrien pour rejoindre Sainte Catherine en Lizio, puis Le Roc et Malestroit. Il fallait ensuite atteindre la Vilaine qu'ils traversaient soit à Redon, soit à Rieux.
A partir de Saint Catherine, certains bifurquaient vers Sérent, La Vraie Croix et le port de Saint Jacques en Sarzeau où ils s'embarquaient pour gagner l'Espagne en bateau.