Dans son Article (Ouest-France du jeudi 22 août 2002), Dany Dano parle de Saint Gobrien en ces termes:

Saint Gobrien: un village autour de l'ermitage

Saint Servant sur Oust est marqué par l'installation, au début du VIIIe siècle de Gobrien, évêque de Vannes, venu se retirer comme ermite aux bords de l'Oust. Après son    décès en 725, il est canonisé par la vox populi et, autour de ma chapelle et de son tombeau s'élève le village de Saint Gobrien, peut-être le siège de la première paroisse.

Au XIe siècle, grâce à la célébrité de Saint Gobrien, Saint Servant sur Oust devient le siège d'un doyenné du diocèse de Vannes, dit le Porhoët vannetais, qui, avec 465 paroisses, s'étend du Blavet à Saint Marcel et de l'Oust à Colpo. Érigée en commune, Saint   Servant sur Oust dépend d'abord de Guégon, puis, en 1801, du canton de Josselin. Lieu de chouannerie comme tout le pays josselinais, la bourgade est qualifiée par Le Falher de « Boulevard le plus inaccessible de l'insurrection morbihannaise ».

Village de Saint Servant, Saint Gobrien abrite une petite chapelle en forme de croix latine, édifiée à l'époque romane par les fidèles de Saint Gobrien. Celui-ci, fils d'une riche famille d'émigrés irlandais, par sa sainteté était doté par Dieu du don de guérir le mal des  Ardents (brûlures) et autres maux de ce genre et nombreux étaient les malades qui affluaient vers lui, à Vannes dans l'espoir d'être soulagés. Voyant cela, les notables de Vannes prirent peur et prièrent le saint homme d'aller exercer ses talents ailleurs.

Sept fois le tour du tombeau et marié dans l'année.
Il réunit donc ses affaires sur le parvis de la cathédrale vannetaise, les bénit et leur dit: « Habitants de Vannes, par charretées, vous viendrez me voir ». Telles furent ses paroles lorsqu'il se retira dans cet endroit sauvage sur les bords de l'Oust. C'est là qu'il construisit dès son arrivée, en 717, un oratoire en bois. Vers l'an 1000, ses fidèles bâtirent sur cet emplacement une chapelle en pierre, aujourd'hui la chapelle de Saint Gobrien.
La forme générale de la chapelle est celle d'une croix latine, avec une sacristie autour du chœur, une tour carrée auprès du transept Nord, le long de la nef. C'est ici que les pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle ou de la Terre Sainte s'abritaient. Il    pouvaient dormir à l'étage, et c'est également dans cette partie que les malades assistaient à la messe, ils étaient séparés des autres fidèles par une grille en bois, encore visible aujourd'hui.

Au-dessus de la voûte, de l'autre côté, apparaissent les bustes de Vannes et sa femme et, à droite de la grille, un grand baptistère en pierre qui servait aux baptêmes par immersion. Devant la balustrade du chœur, se trouve le tombeau moderne de Saint Gobrien, consistant en une pierre plate sur maçonnerie. La légende dit que la personne réalisant 7 fois le tour du sépulcre sera mariée dans  l'année…. Beaucoup ont essayé.

Le clocher qui servait de forteresse est équipé de meurtrières pour tirer à l'arc. On l'utilisait également pour surveiller l'ensemble de la vallée. Du haut de celui-ci, on peut presque apercevoir l'église de Saint Servant, un édifice placé sous le vocable de Saint Servais, évêque de Tongres, mort à Maastricht en 384. L'Église date de plusieurs époques (14e, 17e et 19eElle mérite d'être mieux connue, car une restauration réussie en 1962-1964, lui a redonné un nouvel éclat. Les peintres Jean Bertholle, Elvire et Jean Le Moal ont réalisé, avec le maître verrier Bernard Allain, des vitraux d'un remarquable facture.

Bref, touristes et curieux, se promenant au bord du canal de Nantes à Brest, peuvent aujourd'hui profiter d'un ponton et d'une aire de repos en plein cœur de Saint Gobrien.
Un jolie façon de naviguer sur le cours de l'Oust et, par la même occasion, sur le cours de l'histoire.